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[Communs Paysans] - Un nouvel élan pour l’Atelier Paysan

Assemblée générale de Communs Paysans - Jeudi 17 septembre en visio

Publié le vendredi 17 juillet 2026.

MERCI !

Un nouvel élan pour l’Atelier Paysan…
grâce à vous toutes et tous !

Pour commencer, un RDV important à noter !

Jeudi 17 septembre, de 18h à 20h : Assemblée générale de Communs Paysans en visio (participation très vivement attendue !). Une première partie sera consacrée à la présentation de l’association et du mouvement l’Atelier Paysan. La seconde partie sera consacrée aux rapports d’activité et financier. L’invitation vous parviendra par courriel deux semaines avant.

Et dès cet automne, un « parcours » d’accueil vous sera proposé, mêlant des temps à distance et des propositions de rencontres physiques près de chez vous !

Nous sommes plus d’un millier à avoir répondu à l’appel pour l’Atelier Paysan et à avoir rejoint l’association Communs Paysans dans les jours qui ont suivi l’annonce de la liquidation de la coopérative.

Cette mobilisation nous conforte dans l’idée que le projet politique d’autonomie technique paysanne peut faire bien plus que se prolonger. Il peut s’étendre, se densifier, gagner en proximité des fermes, en combativité.

Plus de la moitié de ces nouvelles adhésions sont venues de paysannes, de paysans et de salarié·es agricoles. Dans cette même période, plusieurs collectifs locaux ont manifesté leur intérêt pour se déclarer « essaims » de l’Atelier Paysan au sein de l’association Soudons, fermes !

Cet élan massif va peser dans les rapports de force que nous avons engagés. Il nous oblige aussi à ré-inventer nos manières de faire, à apprendre à nous connaître et à fonctionner ensemble.
Un peu d’histoire : où avez-vous mis les pieds ?

Au milieu des années 2000, une poignée de maraîchers de l’Isère et de la Drôme posent les premiers gestes d’émancipation vis-à-vis de l’industrie de l’agro-équipement et conçoivent collectivement les premiers prototypes d’outils auto-construits pour améliorer leurs itinéraires techniques en agroécologie paysanne. Puis ils s’attellent à rassembler ces savoirs et savoir-faire dans un ouvrage de synthèse, le guide de l’autoconstruction (2012), qui deviendra une véritable référence pour toute une génération de paysannes et paysans. En parallèle, ils expérimentent des premières formations au travail du métal, sur les fermes, entre pairs.

Après une étape associative en 2011, les quelques dizaines de pionniers créent la coopérative l’Atelier Paysan en 2014. En douze ans, elle documente et met en plan des centaines d’innovations paysannes diffusées sous licence Creative Commons CC BY-NC-SA, déploie des dizaines de projets techniques, forme des milliers de paysannes et paysans et élabore une vision radicale des transformations nécessaires de l’alimentation et de l’agriculture qui la produit.

À l’assemblée générale de 2018, les quelques 70 sociétaires de la coopérative tirent un constat amer de cette première décennie : un modèle économique trop dépendant des subventions qui, par ailleurs, lui sont de moins en moins favorables. Les porteuses et porteurs de projet agricoles viennent d’être exclus du fonds de formation Vivea (administré par le syndicat majoritaire FNSEA). Le modèle d’intervention lui-même, reposant exclusivement sur l’itinérance de camions-ateliers, s’avère fragile et épuisant pour les équipes. Et, surtout, les centaines de paysans et paysannes formées (entre 500 et 800 par an) ne rejoignent que très peu l’aventure collective... Chacun·e rentre sur sa ferme, confronté·e à une précarité grandissante. Le risque est alors que l’Atelier Paysan ne devienne qu’une simple entreprise de prestation de services, trop inoffensive pour peser face au complexe agro-industriel.

C’est en 2019 que se déploie la coopérative telle que nous l’avons connue ces toutes dernières années : sédentarisation d’une partie des formations sur 2 puis 3 centres régionaux, mise en place de formations « longues » pour les candidat·es à l’installation, lancement d’une ligne de production d’outils en kits « prêts à souder », initiation de programmes de recherche sur l’histoire et les politiques de la machine agricole (POLMA), organisation d’un Observatoire des technologies agricoles et écriture collective d’un manifeste politique : Reprendre la terre aux machines. Surtout, ces années sont celles de la prise de conscience d’un paradoxe : plus la coopérative se développe (l’équipe salariée passe de 8 à 28 personnes en 5 ans), plus elle s’éloigne physiquement du quotidien des fermes. S’affirme alors une volonté d’essaimage : plutôt que de continuer à grossir de manière centralisée, l’Atelier Paysan doit se déployer en collectifs locaux au plus près des fermes, des « essaims ».

Coup du sort, en janvier 2020, un incendie ravage l’antenne bretonne tout juste sortie de terre. Dans l’année qui suit, les fondateurs quittent la coopérative, épuisés. Le déploiement d’envergure du mouvement est fauché en plein élan. La structure se retrouve confrontée à un endettement massif qui vient aggraver un modèle économique défaillant.

Pendant ce temps, la crise de l’agriculture biologique s’installe dans la durée, les fermes sont exsangues. La coopérative reste combative : le nombre de sociétaires triple depuis sa création, de nouvelles forces rejoignent régulièrement l’aventure. Sur le plan national, l’Atelier Paysan s’impose comme un interlocuteur incontournable sur les questions de l’autonomie technique paysanne et de la critique du machinisme et se fait connaître du grand public. Il s’implique dans les luttes paysannes, rejoint le collectif national pour une Sécurité sociale de l’alimentation, figure parmi les signataires de l’appel à créer les Soulèvements de la terre.

En 2024, le « pot commun » des savoirs et outils est confié à une association, Communs Paysans, afin d’en garantir la conservation et la diffusion. La même année, l’essaimage démarre réellement avec les premières campagnes d’émergence de collectifs locaux. Une association tête de réseau voit le jour pour les fédérer : Soudons, fermes !

Malgré un retour à l’équilibre budgétaire, la coopérative ne peut plus faire face à son endettement et se déclare en juillet 2025 en cessation de paiement au Tribunal de commerce. La procédure mise en œuvre les mois suivants ne suffisent pas à la sauver : la liquidation est prononcée le 21 avril 2026.

Mais la disparition de la coopérative ne clôt pas l’histoire. Elle ouvre un nouveau chapitre. Grace à la mobilisation remarquable de sociétaires, de partenaires, de sympathisant·es, la suite de l’aventure s’inscrit dans un large mouvement qui continuera de s’appeler l’Atelier Paysan.
Où allons-nous ensemble ? Encore plus loin !

À l’heure où les effets du changement climatique se font très durement ressentir dans les fermes, où des lois taillées pour l’agro-industrie réintroduisent des pesticides et favorisent l’accaparement de l’eau, où l’élevage bovin est sacrifié sur l’autel du libre-échange, où les guerres impérialistes fragilisent un système agricole entièrement dépendant des énergies fossiles et des engrais azotés, où l’extrême-droite menace de gouverner pleinement le pays... il y a urgence et notre ambition est claire : il ne s’agit pas de nous satisfaire de nouveaux soutiens et de poursuivre à l’identique l’action de la coopérative. Il nous faut mobiliser encore plus d’individus au sein de Communs Paysans et faire émerger des dizaines de collectifs « essaims », partout dans le pays.

Nous devons donc nous organiser, au niveau national comme dans les territoires, en construisant des alternatives robustes et en nous engageant de plus belle dans les luttes contre l’escalade technologique et pour la démocratie alimentaire. Voici les directions que nous proposons de prendre :

Organiser depuis les fermes des communautés d’autonomie technique, c’est-à-dire favoriser l’accès à l’outillage adapté et adaptable, la transmission de savoirs et savoir-faire de « pair à pair », densifier des réseaux d’entraide autour de l’équipement agricole.
Inventer, concevoir, diffuser l’autoconstruction et les technologies paysannes localement, en animant des groupes de prototypage, en organisant des démonstrations, en colportant l’approche de l’autonomie par l’auto-construction et l’entraide.
Se mettre en lien dans les campagnes autour du projet politique de l’Atelier Paysan, le faire vivre localement (en tant que membre de Communs Paysans, en s’organisant dans un essaim membre de Soudons, fermes !...)
Participer aux recherches, explorations, débats politiques qui nous animent, échanger, apprendre, nous construire politiquement ensemble, faire « université populaire paysanne ». Pour les plus impliqué·es, devenir colporteuse ou colporteur du projet politique, faire le lien avec les dynamiques locales.

Nous vous donnons rendez-vous dès la rentrée, pour l’Assemblée générale de Communs Paysans en visio le jeudi 17 septembre, de 18h à 20h. Et nous allons mettre en place un « parcours » d’accueil pour permettre à celles et ceux qui le souhaitent de mieux connaître le mouvement de l’Atelier Paysan et de s’y impliquer.

Au plaisir de vous retrouver à la rentrée, donc.
Et en attendant ?...
Faîtes adhérer vos proches : envoyez-leur ce lien !