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"Il faut aller à la rencontre des pairs ! " Retour sur une soirée d’échanges autour du parcours à l’installation agricole 

Avec le témoignage de Clémence Monvoisin, arboricultrice à Questembert

Mardi 6 décembre s’est déroulée une soirée dédiée au parcours à l’installation agricole. Objectifs ? S’appuyer sur les témoignages de celles et ceux qui sont passés par là pour se soutenir dans les démarches à effectuer. Merci aux futures paysannes qui se sont déplacées ce soir d’hiver pour échanger avec nous. Et merci à Clémence Monvoisin qui a su transmettre son expérience avec enthousiasme ! Voici le récap’

Quelles sont les grandes lignes de ton parcours ?

J’ai participé à un premier Cho’Bouillon à La Marmite
Puis je me suis rendue à un point d’accueil GAB
Ensuite je me suis inscrite à un BPREA au Rheu en maraîchage bio, c’était assez orienté technique
A la suite : dans le cadre du 3P : il me manquait des connaissances technique en arboriculture. J’ai donc choisi d’aller faire un stage une semaine par mois pendant 1 an pour voir l’évolution sur l’année. J’ai fait une PMSMP (période de mise en situation professionnelle) avec Pôle Emploi pour me tester (vendanges, récoltes de pommes, dans des petites structures qui ressemblaient bien à ce que je cherchais). Puis j’ai fait des stages pour prendre la température et voir comment ça se passe sur le terrain avec des gens qui font déjà cela.

Quels conseils tu donnerais à une personne qui veut s’installer ?

Il faut bien identifier ses envies pour savoir où on va : se demander si on veut des vacances, des enfants, dans quelles conditions on veut travailler, quel type de production (petits fruits de printemps ? Maraîchage en complément ? Ou pas… ?) Et d’une manière générale, il faut aller à la rencontre des pairs. Le simple fait de se présenter, d’aller les voir pour dire : j’aimerais voir ça et apprendre ceci, ça fait la différence ! Il vaut mieux aller à la rencontre des gens que d’attendre qu’ils découvrent que tu es installé après coup. Il faut fonctionner au culot et appeler tous les gens : du moment que ça se fait avec politesse, entrain, passion, ça passe, peu importe si je me sens à ma place ou pas.

Aujourd’hui, où en es-tu ?

J’ai donc créé une Entreprise individuelle, et mon conjoint est collaborateur. Pour convaincre la banque, j’avais apporté mon prévisionnel du BPREA (qui a été peaufiné par un conseiller du GAB et la chambre d’agriculture). Cette dernière m’a accompagnée pour une demande de DJA (dotation jeune agriculteur)

En arboriculture, tu gagnes ta vie tard. Pour anticiper, il faut devenir cotisant solidaire auprès de la MSA pour pouvoir travailler à l’extérieur et générer des revenus sur la ferme. Cela permet aussi de récupérer la TVA lorsque tu fais des achats. Les formats atypiques font buguer les administrations, il faut prendre son téléphone et appeler des gens !

Tu as des astuces à nous partager pour ta recherche de terrain et les aides pour ton installation ?

Travailles à l’ADMR ou au contrôle laitier car tu rencontres des gens, des locaux et tu te fais un réseau ! Et sinon, oui il y a « reforest action » qui finance des arbres (1,2 euros par arbre), ou encore
France Agrimer qui aide à la rénovation des vergers (plantation et système d’irrigation), la Région Bretagne aussi accompagne à la plantation de vergers.
A savoir : quand tu fais une demande d’aide, envoie un devis non signé sinon, le financement ne sera pas validé car on considère que dans touts les cas, si tu signes un devis, c’est que tu es en mesure de le payer.
Il y a aussi : l’association française d’agroforesterie et Breizh bocage.
J’ai fait un emprunt professionnel pour financer le forrage, le tracteur, le système d’irrigation, l’extension du réseau d’électricité. C’est un gros projet, mais on l’a vu fini chez les autres alors, pourquoi pas nous ? Il faut réussir à trouver les meilleures combinaisons possibles et comme me disait un arboriculteur : tant que la pomme n’est pas cueillie, elle n’existe pas !

Publié le jeudi 22 décembre 2022, par La Marmite.