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Contribution de la Confédération Paysanne du Morbihan à la « concertation publique produits phytopharmaceutiques » menée par la Chambre d’agriculture

La Marmite La vraie-croix

Pièces jointesmar. 2 juin 11:17 (il y a 2 jours)

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De : Confédération Paysanne 56 <56@confederationpaysanne.fr>
Envoyé : vendredi 29 mai 2020 à 09:45:00 UTC+2
Objet : concertation publique produits phytopharmaceutiques

Contribution de la Confédération Paysanne du Morbihan à la « 
concertation publique produits phytopharmaceutiques » menée par
la Chambre d’agriculture

Pour la Confédération Paysanne du Morbihan, cette consultation intervient dans un
contexte où la participation du public, mais aussi des collectivités territoriales, et
tout particulièrement des municipalités, est rendue très difficile par la crise du
COVID-19. Comment espérer que les maires et les conseils municipaux, si essentiels
dans ce dispositif, puissent participer correctement, alors que le deuxième tour des
élections municipales n’a pas encore eu lieu et que, dans les communes où l’équipe
municipale a été élue dès le premier tour, le conseil municipal est à peine installé ?
La sagesse demanderait donc, à minima, de repousser les délais de consultation.
Le Commissariat général au développement durable vient de publier une étude qui
montre que entre 2009 et 2018, les ventes d’insecticides ont été multipliées par
3,5, celles des fongicides ont progressé de 41 %, tandis que celles des herbicides
ont augmenté de 23 %. Ces chiffres prouvent l’échec total du plan Ecophyto qui
prévoyait la division par deux de l’usage des pesticides. Les mesures de protection
des riverains, indispensables, ne doivent pas occulter la nécessité absolue, non
seulement de prendre des objectifs ambitieux sur la réduction des pesticides, mais
aussi de se donner vraiment les moyens de les atteindre.

Pour nous, l’urgence est donc à une vraie politique publique nationale et
européenne de sortie des pesticides qui passerait par : l’interdiction immédiate des
produits les plus toxiques (CMR et PE1), l’accompagnement des paysan·ne·s et des
filières pour une réelle transition agricole et, enfin, une politique agricole et
alimentaire commune (PAAC) qui assurerait un revenu aux paysan·ne·s.
Puisqu’il s’agit d’une « charte d’engagements », nous devons avoir l’honnêteté de
nous engager vraiment : pour inviter et inciter les agriculteurs et agricultrices à
changer leurs pratiques agronomiques et culturales, nous devons entrer dans un
raisonnement qui prenne en compte la parcelle entière, et pas seulement une
bande bordant les habitations. La Confédération paysanne souhaite voire apparaître
dans cette charte : « la Chambre d’agriculture, les organisations techniques
agricoles et les collectivités locales s’engagent au développement des
accompagnements techniques et financiers, à la parcelle, privilégiant les parcelles
bordantes des habitations ».

Pour donner de la crédibilité à ce document, il nous semble indispensable de retirer
les points suivants : Respecter les conditions d’emploi précisées sur l’étiquetage du
produit, Traiter dans de bonnes conditions météorologiques, Respecter les règles de
transport, de stockage, de préparation et de gestion des effluents
phytopharmaceutiques, Utiliser un pulvérisateur dont le contrôle périodique est en
règle. En effet, ces points relèvent purement et simplement du respect de la loi !
Enfin, il nous semble que cette Charte se repose beaucoup sur les maires pour
organiser la concertation et maintenir les bonnes relations de voisinage. L’État doit
prendre sa part de responsabilité. Nous souhaitons ajouter dans l’article 4-6 : « la
Préfecture, si elle est sollicitée par un maire, doit être garante de la mise en place
d’une concertation sur la commune avec l’ensemble des acteurs agricoles locaux et
une communication préalable accessible à tous et toutes (presse locale et presse
agricole) ».

La question des épandages devient prégnante sur le terrain, les incidents
augmentent et nous ne pouvons laisser cette situation évoluer. Donner aux paysans
les moyens de sortir de leur dépendance aux pesticides, par un accompagnement
technique, un soutien économique à la transition et des politiques agricoles et
commerciales cohérentes avec cet objectif, est indispensable pour renouer des
relations de confiance mutuelle avec la société.
1 CMR et PE : cancérogène, mutagène, reprotoxique et perturbateur endocrinien

Publié le jeudi 4 juin 2020, par La Marmite.